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BÉCANCOUR — «Le temps est venu de confier à d’autres impatients la clé du développement économique de la Ville. Le développement des affaires, c’est l’affaire des gens d’affaires. Il faut dépolitiser le développement économique».

«C’est l’affaire des gens d’affaires»

 
 
 
BÉCANCOUR — «Le temps est venu de confier à d’autres impatients la clé du développement économique de la Ville. Le développement des affaires, c’est l’affaire des gens d’affaires. Il faut dépolitiser le développement économique».

Voilà comment le maire Jean-Guy Dubois a procédé mercredi au lancement de DEBI, pour Développement économique Bécancour inc. En vertu d’une entente renouvelée avec Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR), une commissaire industrielle, Mélanie Gélinas, sera installée à l’hôtel de ville de Bécancour tandis qu’un conseil d’administration à saveur entrepreneuriale veillera aux grandes orientations telles que les technologies environnementales, les agrotechnologies et la transformation des métaux.

Concernant ce dernier créneau, le président de DEBI, Pierre Ducharme, trouve inconcevable de voir l’aluminium du Québec être exporté à 90 %. Et il n’hésite pas à souhaiter que la deuxième, troisième et quatrième transformation soient des conditions exigées par le gouvernement pour consentir des tarifs d’électricité avantageux aux alumineries. «Je ne lance aucune flèche à Alcoa, mais c’est une partie qu’on veut explorer», a-t-il fait savoir lors du déjeuner économique du maire tenu au club de golf Gentilly.

Ce directeur régional des opérations canadiennes de Olin Canada a donc accepté de relever le défi qui lui fut lancé par le premier magistrat. Il sera accompagné de Joaquim Blanchette, d’Hydrexcel, à la vice-présidence, de Jérémie Fournelle, du Groupe Fournelle, comme trésorier, et de Mathieu Gagnon, du Groupe Maco, à titre de secrétaire.

 

Les autres administrateurs sont Daniel Béliveau, directeur général de la MRC et du CLD de Bécancour, Jean-Marc Girouard, directeur général de la Ville, Mario Gagné, conseiller municipal de Bécancour et Mario De Tilly, directeur général d’IDETR. Le maire Dubois jouera un rôle d’observateur, à l’instar de Maurice Richard, président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Chantal Tardif, du Pôle d’économie sociale Centre-du-Québec, et la commissaire industrielle Mélanie Gélinas, une fille d’entrepreneur qui présente DEBI comme un agent facilitateur.

Le président Ducharme veut s’attaquer au fait que les fabricants de Bécancour soient reconnus comme étant à faible intensité technologique. «Pourquoi on nous colle cette image-là?», soulève-t-il.

En plus de relever des exportations directes qui sont faibles et surtout dédiées au marché américain, M. Ducharme signale la pénurie de main-d’œuvre spécialisée et la décroissance des grands donneurs d’ordre. Du même souffle, il a énuméré les atouts de Bécancour, dont sa position géographique, la diversification de son économie, l’importance du secteur manufacturier et la présence du parc industriel d’État, ce qui le fait sourire quand Jean-Guy Dubois parle du besoin pour la Ville d’avoir son parc industriel.

Selon lui, le milieu aurait avantage à se rapprocher du gouvernement fédéral «pour aller chercher son dû». D’autant plus, dit-il, que le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, est tout près et qu’il fut impliqué dans plusieurs traités de libre-échange. «DEBI est un outil pleinement autorisé à faire du démarchage», a-t-il tenu à préciser.

Pour sa part, le premier magistrat a parlé du devoir de développer un écosystème favorable au développement économique «qui est devenu l’affaire des municipalités comme gouvernement de proximité».

Dans son discours, il s’est plu à retracer les faits saillants des cinq dernières années qui ont suivi la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Après la mise en place du Fonds de diversification économique «pour nous consoler», Jean-Guy Dubois a tenu son chantier économique en 2014, qui comprenait un volet de revitalisation justement dans l’est de la Ville. Depuis 2015, son projet d’incubateur «s’est promené pas mal».

En 2016, le partenariat avec IDETR reste à ses yeux l’une des plus belles choses qui pouvait arriver à la Ville. Et l’an dernier, le parc Jean-Demers figure sur la liste de réalisations.

«Pendant ce temps, nous avons quand même investi à Bécancour, soit environ 240 millions de dollars, dont 60 millions de dollars seulement en 2017», a-t-il fièrement rapporté, évoquant des investissements chez Sintra, Olin, Cepsa, Silicium, pour ne nommer que ceux-là.

Ce qui ne l’empêche pas d’admettre que «ça fait quatre ans qu’on fait du micro et non de la pelle». «La première semaine d’août, on va salir la pelle», a promis Pierre Ducharme, pour qui DEBI vise la valorisation des différents potentiels de développement sur l’ensemble du territoire de Bécancour. 

 

photo: Le Nouvelliste

lien du journal Le Nouvelliste

https://www.lenouvelliste.ca/affaires/cest-laffaire-des-gens-daffaires-b65bab6fc68ecf4421d7e9758c3577e3

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